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Message |
GABRIEL01

Inscrit le: Nov 22, 2007 Messages: 97
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Posté le: Mar Juil 06, 2010 4:44 pm Sujet du message: Dada Africa |
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William Kentridge
Cinq Thèmes
Jeu de Paume- Musée du Louvre Paris
jusqu’au 5 septembre 2010
Le cerveau humain réagit violemment à certains mots, qui dépassent la raison. Parmi ces mots en bonne place se trouvent « tout » et « rien ». La raison d’être de la couleur est la peur du tout ou rien, du blanc ou du noir. Lorsque le blanc et le noir se retrouvent dans le même camp (et champ visuel...), leur pouvoir est absolu. A eux deux ils couvrent tout. Mon cerveau n’aime pas.
Dans son exposition du Jeu de Paume, William Kentridge propose une lecture du monde en noir et blanc. Pur hasard, venant d’un blanc né en terre noire. Aussi différent des uns que des autres, puisque outre blanc il est également juif. Toute une histoire. Une histoire absurde. Surréaliste. Comme son œuvre. Une histoire contredisant tout stéréotype, toute idée reçue. Comme son œuvre. Un vrai dadaïste. Pas un néo-dadaïste. Ce qui manque au néo-dadaïsme, comme à tous les « néo », depuis les néo-classiques jusqu’aux néologismes, c’est le génie. Le génie de ne pas être autre, de ne pas être une chose entière mais simplement une réplique en deuxième saison, réplique de deuxième choix. Kentridge est un dadaïste à part entière, précurseur de son propre surréalisme ou/et de celui de notre existence. Il a le background d’une vraie vie, d’une vie rugueuse. Il a la culture, assimilée, subtile, intrinsèque. Il a le talent et l’intelligence, intrinsèques elles aussi. Rien à envier aux Picabia et autres Tzara. Il est juste chronologiquement postérieur.
Son œuvre est drôle et intelligente. Intelligente à tous les niveaux- et Dieu sait s’il y en a. Les enfants regardent fascinés et rigolent. Les vieillards se souviennent et écrasent une larme. Il (nous) parle à tous. On peut ne pas voir, on peut ne pas entendre, mais uniquement si on ne le veut pas… Ce William-là est un artiste engagé. Il est engagé de par sa structure humaine et nullement par défaut ou par obligation sociale ou que sais-je encore ? Engagé car humain. Ca devrait être protégé par la loi. Si vous doutez, il suffit d’écouter le pont éthéré qu’il jette entre la musique de Chostakovitch et la musique africaine. Semblable au dialogue de Picasso avec les masques africains. Avec le même talent. Sauf à préférer son dialogue des ombres avec Mozart.
Recommandé à tous, sans modération, à l’exception de ceux qui ne veulent pas voir, ni ne veulent entendre. |
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